11.11.08

Andres Serrano

Après des études d'art à la Brooklyn Museum Art School de New York (de 1967 à 1969), Andres Serrano abandonne la peinture et se lance dans la photographie. Il expose pour la première fois en 1985. Ses sujets de prédilection sont les problèmes sociaux, le sexe et la religion. Dans la majorité de ses clichés, il tente de « redonner une existence.» à ceux qui l’ont perdue ; que ce soit par choix (les religieux qui font abstraction de leur « moi ») ou non (clochards…). Certains le qualifient volontiers de « provocateur ».

A la fin des années 1980, Andres Serrano se penche sur le corps (il photographie des mains, des visages) et parvient à obtenir, grâce à l’un de ses amis, une autorisation pour photographier des cadavres dans une morgue.
Baptisée La Morgue, cette série montrent en effet des corps d’anonymes morts, parfois violemment, parfois naturellement.

Difficiles, fortes, insoutenables parfois, les photographies de Serrano montrent ici en grand format (1,52 x 1,25 m) un fragment de réalité d’un corps saisi par la mort. A l’imagination d’en recomposer (ou non) le reste. C’est de toutes les façons à une expérience grave et déchirante du regard à laquelle convie le photographe : soit à un rejet violent et vitupérant, soit à une plongée dans des contrées très spéciales. Le spectateur reste totalement libre d’accepter le marché.


« Les cadavres ici photographiés ne représentent pas pour moi la mort mais bien au contraire. Ils sont pour moi très présents - presque comme vivant. Il se dégage à mon avis une très forte présence humaine de cette série. La chair se ressent. »

Je n'ai pas publié toutes les photos de l'expo car pour la plupart elles sont dures à regarder. Mais le travail est très intéressant et troublant, car beau et respectueux tout autant que déstabilisant et provocateur.
Pour trouver les autres oeuvres, taper juste dans Google images "Andres Serrano - The Morgue".

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