14.9.08

Dementia...







un film expérimental des années 50 en noir et blanc sans dialogue, inédit en France qui traite des pulsions, des fantasmes, de la folie, de la limite fragile entre réalité et fiction, onirisme et vérité, cauchemar et rêve...à voir !!!!!
je joins la critique trouvée sur internet qui vous en dira un peu plus sur l'histoire et l'historique de cette oeuvre étrange et forte...

" Dementia (1953) de John Parker est un film noir expérimental rare, tourné en six jours à partir du cauchemar de la secrétaire de Parker qui fut aussi son actrice principale. Son sujet comme sa mise en scène se situent à mi-chemin:

- Du cinéma expressionniste et psychanalytique muet (on pense souvent au Secrets d'une âme et au Loulou réalisés tous deux par G.W. Pabst, et à Variétés d'E.A. Dupont).

- Du thriller fantasmatique (certains plans annoncent aussi bien ceux de Le Rideau déchiré et Psychose de Hitchcock que ceux de La Soif du mal de Welles, et pour cause concernant ce dernier titre qui sera tourné dans les mêmes extérieurs !).

- Du cinéma fantastique (la scène du clochard annonce les clochards du très expérimental Driller Killer de Ferrara qui l'a certainement visionnée, sans parler de celle du concert réel joué par des musiciens visiblement drogués).

Interdit par la censure américaine, Dementia ne sortit tardivement à New-York en 1958 que dans une seule salle d'art et essais, en complément de programme à un documentaire sur Picasso. La date de 1953 inscrite à son générique n'est donc pas forcément exacte : elle peut avoir été destinée à tromper la censure.

Dementia tint l'affiche deux semaines seulement à New York et demeura inédit en salles en France.On peut dire, visionné en 2008 avec à peu près cinquante ans de décalage par rapport à sa réalisation, que Dementia est fantastique au sens strict plutôt que noir au sens policier du terme : esthétiquement comme par son action. Sa nature est onirique, et son suspense repose sur la distance entre cauchemar et réalité, distance qui menace sans cesse d'être abolie. L'angoisse naît en permanence de la possibilité d'une confusion entre ces deux niveaux. Le film traite non pas la folie, mais bien plutôt de la peur de la folie, en somme.

Un cinéma fantastique en somme qui intègre des éléments policiers, sociaux, urbains parmi bien d'autres : l'ensemble constitue une plongée dans le psychisme et le fantasme comme on en a rarement vu. La gestion du temps est très raffinée : l'onirisme du film en découle aussi.

Dementia est également nourri ou au contraire annonciateur de certains plans filmés par Luis Bunuel, Jean Cocteau, le Polanski de Repulsion, le Romero de La Nuit des morts-vivants. Ses éléments ouvertement surréalistes ne cessent d'augmenter sa spectaculaire puissance plastique."

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