20.7.09

Nourriture photographique


L’imagerie très particulière d’Ellen Kooi a plusieurs origines.

Tout d’abord, sa prédilection pour la mise en scène est sans doute issue du théâtre, milieu dans lequel elle a débuté son travail de photographe. Elle s’en inspire à l’évidence dans ses compositions et préfigure d’ailleurs celles-ci par des croquis, et, tel un metteur en scène, utilise ses modèles comme des acteurs. Le spectateur est souvent confronté à des personnages dans des positions/actions incongrues qu’elle implante dans un milieu urbain ou dans des paysages hallucinants.

Par ces mises en situations quelques peu extravagantes, on peut également rattacher son travail à l’univers surréaliste.

Ellen Kooi met à profit la technique numérique pour accentuer la « dé-réalisation » des mises en scènes et renforce ce procédé par l’usage d’éléments cinématographiques. D’une part, les prises de vues à la Hitchcock, souvent basses ou en contre plongée, imposent au spectateur une perception de la scène au niveau du sol comme s’il débouchait sur un monde dont il serait l’intrus. D’autre part, l’irréalité des scènes irisées de couleurs très particulières - qu’elles soient fluos, saturées voire criardes- contribuent à nourrir l’aspect cinématographique du décor.

2 commentaires:

Grand Chef a dit…

J'aime la jeune femme couchée sur la route...

julien a dit…

Ah c'est marrant, j'y trouve un côté un peu "déjà vu" sur celle de la femme sur la route, même si la realisation est super léchée. J'aime beaucoup les pieds de pendus dans l'arbre, glauque et drôle à la fois.