8.11.09

Inlast

Le monde- 13/10/09

La dernière trouvaille suédoise dans la catégorie télé-réalité a lancé une vaste polémique.
Dans "Inlast" ("Enfermés"), dont la première a été diffusée début octobre sur la chaîne TV4, une bande de jeunes en délicatesse avec la justice se sont portés volontaires pour aller en prison.
Là, les attend une direction aux accents durs.

Dans ce "Loft Story" carcéral, sept jeunes de 15 à 17 ans vont ainsi être enfermés pendant douze jours sous la surveillance de caméras. Tous, dit l'émission, ont entamé une carrière criminelle, mais tous veulent y mettre un terme. Au bout d'une journée, l'un des détenus volontaires choisit déjà de renoncer et quitte la prison. Dès la deuxième journée, ils reçoivent la visite d'anciens prisonniers musculeux et tatoués qui partagent leurs cellules, et dont la mission est de les dégoutter de faire les mêmes erreurs qu'eux.

Mais, il s'agit d'une ancienne prison désaffectée avec des cellules type XIXe siècle, et les personnels ne sont pas des officiels. Et c'est bien là-dessus que porte la polémique.
Car l'administration pénitentiaire, la vraie, contactée par la société de production, a refusé de participer au projet. "L'administration pénitentiaire n'a rien à voir avec cette série, a écrit Anne Marie Dahlgren, responsable de l'information de l'institution, dans une tribune publiée dans le plus important quotidien suédois. Nous menons depuis des années un programme pour les jeunes, dont l'objectif est de maintenir les jeunes de moins de 21 ans à l'écart de la prison.
Les recherches et notre expérience montrent que les tentatives d'intimidation de ce type ont un effet négatif sur les jeunes délinquants. Beaucoup de jeunes essayent de se forger une image plus dure." Elle a aussi déclaré que "le statut de vedette attire souvent les jeunes, et leur participation à cette émission va leur donner ce statut, ce qui peut renforcer leur identité criminelle".

Pour les responsables de la direction nationale de la santé et des affaires sociales, qui se sont également exprimés dans une tribune publiée dans ce même quotidien, "cette nouvelle télé-réalité est un jeu cynique avec des jeunes fragiles ". L'administration se réfère à des essais effectués aux Etats-Unis qui ont eu un effet néfaste. Elle conclut qu'il vaut mieux ne pas réhabiliter les jeunes du tout plutôt que de leur faire subir ce type de traitement.

Dans une expérience menée en Norvège au milieu des années 1990, des jeunes confrontés à de vrais criminels trouvaient cela passionnant et virent les détenus comme des modèles. Pour les experts qui se sont prononcés, le risque est grand que ces jeunes ne soient que confortés dans leur carrière criminelle.

1 commentaire:

Grand Chef a dit…

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