13.11.08

En bas de chez moi

Hier, je rentre chez moi.
Je croise des policiers, une voiture avec un corps dedans, une ambulance, des débris jonchent le sol, les gens s'attroupent.
Ma concierge est dehors, devant chez elle, en peignoir. Elle me dit qu'elle a tout vu mais qu'elle ne veut pas le dire aux autorités, ça lui fait peur.
Pourtant elle sera interrogée.

Les gens ont l'air fasciné et blasé en même temps.
Depuis cet été, c'est le troisième meurtre dans le quartier. Deux bandes rivales s'affrontent à découvert pour la première fois et en plein jour. La nuit n'est plus synonyme de peurs, on peut frapper partout à tout moment.

Je fais partie de cette communauté, je comprends leurs peurs car elles sont aussi les miennes.
Je ne veux en aucun cas faire du voyeurisme morbide, en dénonçant ou en n'étant qu'un simple témoin.
Mais je veux me servir de toutes les expériences de mon quotidien pour dire, transcender, de la seule façon que je connaisse: en créant.

Un jeune de 19 ans a été la cible de coups de feu, mercredi peu avant 19 heures, au niveau du 204, rue de Crimée, dans le XIXe arrondissement de Paris. Deux hommes qui circulaient à scooter sans casque ont ouvert le feu sur Nassila S., qui se trouvait au volant d'une voiture en compagnie d'un passager. La victime, atteinte au poumon, a parcouru une vingtaine de mètres, avant d'immobiliser son véhicule, une Clio bleu, à l'angle de la rue Archereau.
Connu de la police pour des affaires de stupéfiants, cet habitant du XIXe était hier soir entre la vie et la mort à l'hôpital Bichat.Le quartier Crimée fait l'objet depuis la rentrée d’expéditions punitives entre les deux cités du nord du XIXe, Riquet et Curial-Cambrai. L'escalade de la violence a commencé le 8 septembre par le meurtre de Djamel, un habitant de Riquet, tué par balles en pleine nuit dans la rue Mathis. Trois jours plus tard, Moussa, également âgé de 23 ans, a été blessé par une arme à feu aux abords de la cité «rivale». La semaine suivante, deux adolescents étaient agressés à coups de couteau, devant Curial-Cambrai, où ils habitent. Les agresseurs de ces derniers, deux jeunes de 17 et 15 ans, ont été interpellés et placés en détention.Les enquêtes sont toujours en cours pour le meurtre de Djamel et l'agression de Moussa.

Source : Le Parisien

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